La photographie numérique au secours de l’argentique

pelloche_0092_web_cl.jpgPour bien des gens, l’attrait du numérique a définitivement enterré la photographique argentique. Et il y a de quoi:
– facilité d’utilisation
– coûts (extrêmements) réduits
– possibilité de recommencer encore et encore le même cliché s’il est râté
– instantanéité du résultat
– tirages à commander en ligne ou à imprimer soi-même, confortablement assis dans son canapé

Alors que la photographie argentique est associée au coût des pellicules et des développements, à la prise de photo “en aveugle” et à l’impossibilité de retravailler ses images.
Et effectivement, j’ai récemment fait développer par un labo une bobine N&B de mon mariage, cela m’a coûté 40 euros le film +tirages !!!

Pourtant, je pense que l’argentique est loin d’être mort et pour ma part, je ne suis pas prêt de me séparer de mon F-601…

Une simple considération d’ordre technique, à l’heure où tout le monde ne parle plus que de full-frame, D700, D3, D3X et leurs tarifs astronomiques, et bien un simple reflex 24×36 est déjà full-frame !!!
Les côtes de l’occasion en argentique sont tellement ridicules que le quidam peut facilement acheter des boitiers experts d’occasion pour une bouchée de pain.

Ensuite la résolution des négatifs reste toujours supérieure à celle des capteurs, même si les évolutions actuelles tendent à rendre l’un et l’autre comparables.

Enfin le côté “prise de photos en aveugle” de l’argentique peut être compensé par … le numérique. Car si le numérique permet de s’entrainer, de tester, de progresser, pourquoi ne pourrions nous pas bénéficier de cet apport de pratique pour l’utiliser en argentique???
Personnellement, j’utilise mon reflex numérique dans 99% des situations, et environ 70% des images prises (hmmm) ne sont pas bonnes pour grand chose. Mais quand je repasse sur mon reflex argentique, je fais beaucoup plus attention à mes réglages et à mes cadrages et finalement au sujet lui-même. Je ne shoote plus “juste comme ça” et de ce fait je produits beaucoup moins de déchets.

Pour terminer, l’argentique offre encore quelque chose d’incomparable et d’inexistant en numérique: le développement en labo à la maison (ou au club). Et je ne vous parle pas du travail de post-prod et de l’impression via l’ordinateur, les sensations n’ont rien à voir. Tous les passionnés vous le diront, le labo photo, pour exigeante que soit cette discipline (le PP est-il moins exigeant?) procure un plaisir incomparable et accessoirement réduit les coûts de développements. (un kit labo de base ne coute guère plus d’une centaine d’euros.)
Par contre, il est clair que c’est une activité extrêmement chronophage.

En résumé, il est faux d’opposer l’une et l’autre pratique. Ces deux usages correspondent à des faces différentes d’une même expression, la photographie. Ils se servent mutuellement et la connaissance de l’un est à mon sens indispensable à la bonne pratique de l’autre.

Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la (re-)découverte de l’argentique, voilà quelques liens bien intéressants. D’abord une introduction au labo photo par Dolphin2001, de quoi appréhender le labo photo. Sur objectif-argentique.com, vous trouverez également des explications détaillées ainsi que de très bons schémas, notamment sur le développement des films et le tirage papier.
Un peu plus technique, ce site présente les temps de révélation nécessaires par type de film et chimie.

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